Dire ou taire sa différence ?

C’est la question du jour.

Dire ou taire sa différence ?

Dire :

Cela répond à un besoin viscéral de reconnaissance. Une soif de crier au monde :
« Regardez je ne vaux pas rien du tout finalement ! J’ai un peu de potentiel, je peu servir à quelque chose ! 😀 « 

Un espoir, sans doute ridicule, de voir dans les yeux des autres, que oui, je vaux peut-être quelque chose.

Ne pas dire : Se préserver.

Un très bref sondage, auprès de divers échantillons de mon entourage proche et moins proche m’ont appris comme je serai appelée Arthur si jamais j’osais balancer :
« Quoi de neuf pour moi ? Oh bah je fais partie des 1% de la population qui sont à Très haut potentiel intellectuel. A part ça rien. »

A ce stade de mes reflexions, je suis arrivée à la conclusion que j’allais en parler avec ma psy (que j’adooooooooooooore ^^ Elle est vraiment trop bien. C’est un peu bizarre de tellement apprécier sa psy, non ? Je devrais peut-être lui en parler aussi…).
Après tout, elle est là pour m’aider.

Apaisée par le fait d’avoir trouver une solution, certe ponctuelle, àmon soucis principal, cette question m’a amenée à me pe,cher de nouveau sur quelque chose qui me hérissait déjà le poil : l’idée que des personnes vivent dans la peur et/ou la honte à cause de leurs différences d’avec la majorité, la moyenne.
Mon meilleur ami est homosexuel. Dans un monde qui marcherait un peu moins sur la tête, je n’aurais même pas besoin de spécifier la chose. Et je devrais trouver un autre exemple.
Mais dans notre magnifique monde, l’homosexualité est encore taboue. Mon meilleur ami à mis des années avant de trouver le courage, et la confiance en notre relation, pour me partager cette partie de son être.
J’ai été la seule de ses amis au courant pendant plusieurs années. Jusqu’à ce qu’il se sente le courage de le dire à tous.
« Jusqu’à ce qu’il se sente le courage », est-ce l’on se rend bien compte de l’absurdité de cette phrase ? Pour parler à ses amis, des personnes censées vous aimer et vous accepter dans tout ce que vous êtes ( « Un ami, c’est quelqu’un qui vous connait bien, et qui vous aime quand même » Hervé Lauwick), il faudrait du courage.

Ouatezefuque j’ai envie de dire.

Encore plus risible, autre chose que je n’ose pas dire, parce que j’ai peur qu’on me rejette, qu’on ne me comprenne pas : je suis féministe.
Et là vous avez l’image de l’hystéro, avec du poil aux pattes et sous les bras, qui brûle son soutient-gorge et veut castrer tous les zhommes parce que ce sont les gros méchants de l’histoire.
Bah pas vraiment en fait.
Enfin il y en a des comme ça, aussi, mais moi je serai plus du genre à débarqué en jupe ceintrée, bas-couture, talons aiguilles et rouge à lèvre carmin, juste pour faire péter un câble à tous ceux qui ont des gros clichés en tête.

Mais je digresse !

Donc je ne dis pas que je suis féministe. Je fais la mi-autruche, je ne dis pas « je suis féministe » mais je me sers de mon mur face de bouc quasiment uniquement pour relayer des infos, mouvements, événements féministes.
Du coup tout le monde le sait (que je suis féministe) mais je n’ai pas à le dire.

Et c’est RIDICULE !
Parce que franchement, vu ce que je balance à une fréquence de pratiquement tous les deux jours, je pourrais tout aussi bien me l’écrire sur le front, que je suis féministe. Ca ne surprendrait pas grand monde.

On en revient toujours à ce ridicule besoin d’être accepté. Pas si ridicule que cela, nous avons besoin des autres pour être épanoui-e-s, c’est ainsi, notre espèce est une espèce sociale.
Mais zut quoi. Quand cela en devient handicapant, source de souffrance, il y a problème !

Alors dans un élan idéaliste de révolte pure, je vais me mettre à dire.
Dire que je suis surdouée, que j’ai plus de 145 de QI, que je suis née comme ça (si j’ai bien tout compris), et que je suis féministe (et quelque part, c’est lié ces deux choses là : l’injustice de la condition féminine me TUE !).

Bon je ne vais pas monter sur un toit pour le crier au monde. Mais je vais le DIRE.

Parce que dire, c’est montrer que ça existe, que c’est là et que ce n’est pas ce qu’on croit. Parce qu’en disant, on libère la parole des autres. Et parce qu’à force de voir, de constater que ces « différences » ne sont pas ce que l’on croyait, on finira par savoir vivre ensemble, sans se rejeter.

Oui c’est mon côté idéaliste. Je crois profondément en la force de l’exemple et l’effet « rond dans l’eau » comme j’aime l’appeler (qui est en fait l’effet ricochet, mais je préfère l’image des ronds dans l’eau, je trouce cela plus doux et poétique).
C’est la force de l’exemple. Sans forcément expliquer de force, faire rentrer les choses à coup de matraquage dans la tête des gens. Le simple fait de constater, de leurs yeux, que ce n’est pas ce qu’ils croyaient suffit à apaiser les peurs, supprimer les à prioris. Ensuite, ils diront autour d’eux que ce n’est pas ce qu’on croit.
Pas tous, mes certains.
Et puis, dans le lot des « autres » il y aura peut-être, très certainement, une ou deux personnes « comme moi », à qui peut-être les exemples de ceux qui vivent au grand jour donneront de la force.

C’est comme ça, petit à petit qu’on change les choses, je crois.

Je vais dire, et peut-être que ça servira à certains. Et quelque part, je saurais un petit peu mieux (sans mettre cela exactement sur le même plan bien sur) ce que mon meilleur ami a vécu.

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