Comme (pas) tout le monde

J’ai peur tout le temps.

Je me sens nulle, bête et moche.

Je suis hyper timide, j’ai peur des gens.

J’ai honte de moi.

Et pourtant je suis heureuse. Très heureuse.

Au début, je croyais que j’étais « comme tout le monde », dans le sens où je pensais que ce que je ressentais, ce que je vivais, tout le monde y faisait face aussi. Je pensais que si eux s’en sortaient, alors moi aussi. Si ils le faisaient, alors je devais pouvoir le faire aussi. Après tout, je n’étais pas différente.

Le plus dur a été de faire face aux blessures de l’âme. Je me demandais comment les autres faisaient pour ne pas pleurer tout le temps comme moi, pour ne pas être ému aux larmes comme moi. Pour ne pas trouver cruel certaines attitudes, pour ne pas s’emporter et être révolté par des injustices flagrantes. Comment ils faisaient pour rester stoïcs et forts.
Je n’ai jamais trouvé comment, mais je me suis employée au moins à faire semblant. A paraître comme eux, du mieux que je pouvais.

J’ai appris à retenir mes larmes, si nombreuses, à masquer mes élans de joies et d’enthousiasme. J’ai appris, en somme, à me taire.

Mais dans ma tête, dans mon esprit,…

Tout ce qui ne s’exprimait pas extérieurement, était amplifié de cette restriction, intérieurement. Il y a des mondes, des univers entier dans ma tête. Des Big Bang de couleurs et d’émotions, des tremblements de terre et des ras-de-marée de frissons. C’est une musique, une sarabande, une foule joyeuse, chaleureuse et émerveillée en permanence.

Je pose sur les monde des yeux éternellement émerveillés, et par défaut, j’aime ce que je découvre. J’accueille tout les bras de l’esprit grand ouvert, je suis fascinée par l’Univers tout entier, et je pleure des torrents de larmes pour chaque plaie.  Je pleure, je tombe avec lui.
Et quand un papillon passe, c’est un nouveau tourbillon de lumière.

C’est comme si, j’étais faite pour tout vivre intensément. Quand j’ai découvert que, étrangement, j’étais un cas « unique » que tout le monde ne ressentais pas cela.
J’ai mis du temps à intégrer cette réalité de différence de perception du monde.
Et quand une réalité substantielle s’est mise derrière cela, j’ai été encore plus reconnaissante à la Vie. Mais quelle CHANCE ! Quelle magnifique chance que ce déferlement de tout dans mon esprit !
Oui mes douleurs sont proportionnelles à mes joies, mais c’est tellement mieux de vibrer ainsi ! Comme la vie serait triste, si j’étais branchée sur une intensité différente…Je crois que je ne pourrais pas le supporter.

Mon cerveau hyper-volté, c’est une bénédiction, un cadeau sublime. Et je l’aime !

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